|
Interview
L'entreprise agro-alimentaire Bonduelle est implantée depuis 5 ans en Pologne avec une usine dans la vallée de la Vistule : une unité de production qui produit des légumes surgelés et surtout des conserves. | |
|
Telmedia : Quelles difficultés avez-vous rencontrées pour votre implantation en Pologne? Bruno Bonduelle : Il a fallu négocier près de deux ans et demi pour racheter cette usine. Le processus de privatisation a été lent. Les locaux étaient aussi d'une grande vétusté et, en plus, il a fallu convaincre les salariés que, dans une économie de marché, ils doivent être payés en fonction de la productivité. Enfin, il faut compter avec un grand nombre de producteurs : les exploitations agricoles sont très parcellisées, très petites. Alors qu'en Hongrie, on a 5 gros producteurs, nous en avons des milliers en Pologne. Telmedia : Après cinq ans de présence en Pologne, quels enseignements tirez-vous de cette implantation ? BB : Je suis très satisfait de cette implantation polonaise. Les ventes explosent... Beaucoup de valeurs sont communes entre le Nord Pas-de-Calais et la Pologne : c'est un peuple courageux, très volontaire avec de vraies solidarités de quartier. Leur intégration réussie dans notre région le prouve. Telmedia : Investir en Pologne tente de nombreux chefs d'entreprise dans la région. De quels atouts dispose la Pologne selon vous ?
BB : C'est sûrement un des pays qui rentrera au plus vite dans l'Union Européenne. La Pologne connaît un phénomène de rattrapage économique important avec une forte croissance. En plus, il y a un vrai marché : près de 40 millions d'habitants, c'est nettement plus que dans les autres ex-pays de l'Est. En plus, c'est un pays à la croisée des chemins commerciaux Est/Ouest qui bénéficie d'ailleurs d'un accès à la mer... Je pense qu'investir en Pologne, c'est une vraie porte d'entrée vers les pays slaves, pour l'Ukraine, la Biélorussie, les pays baltes et la Russie.
|
|